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ANNEXES

Annexe A1 : Compétences linguistiques des Européens


A1.1 : Anglais à titre de langue étrangère, par pays et par groupe d’âge

Europe des 15, 2000
Niveau « très bon » ou « bon », données nationales non pondérées
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  •  : Royaume-Uni et Irlande compris

Source : Enquête Eurobaromètre (INRA, 2001) ; tableau inédit.86


Les données indiquent un net

accroissement du pourcentage de répondants qui disent avoir
de « bonnes » ou de « très bonnes » compétences en anglais. Selon les pays, l’écart
intergénérationnel total peut être plus ou moins marqué et l’accroissement des compétences
déclarées en anglais peut être plus ou moins récent. Ainsi, l’accroissement total est
particulièrement marqué en Grèce et en Finlande, et le mouvement s’est particulièrement
accéléré en Grèce et dans les Länder de l’ancienne Allemagne de l’est. En revanche, l’écart
entre pays demeure remarquablement constant pour tous les groupes d’âge en dessous de
65 ans. On relèvera aussi que c’est au Lŭembourg que l’écart intergénérationnel total est le
moins marqué (13,7%). Comme c’est également au Lŭembourg que le plurilinguisme réel
est sans doute le plus répandu, on peut s’attendre à ce que les Lŭembourgeois aient, en
moyenne, une vision plus réaliste de ce qu’implique véritablement la compétence dans une
deuxième, troisième voire quatrième langue. L’apparente prudence des répondants
lŭembourgeois constitue une raison de plus pour interpréter les données Eurobaromètre
avec précaution.


A1.2 : Anglais à titre de langue étrangère, par profession

Europe des 15, 2000
Niveau « très bon » ou « bon », échantillon pondéré
Royaume-Uni et Irlande exclus
<img style="width: 650px; height: 499px;" alt="" src="GrinAN012.jpg">
Source : Enquête Eurobaromètre (INRA, 2001) ; tableau inédit.


Définition des niveaŭ de

compétence (niveaŭ « très bon » et « bon » ; catégorie
résiduelle : « élémentaire »).


Très bonnes Je peŭ utiliser la

langue avec succès et avec confiance dans toutes
les situations normales, avec quelques fautes et peu d’hésitations, par
exemple :

  • je peŭ tenir une conversation à une vitesse normale avec un groupe

d’interlocuteurs natifs du pays ;

  • je peŭ pleinement comprendre un jeu / film / journal dans la langue ;
  • je peŭ tenir avec succès des conversations téléphoniques sur des

matières complexes ;

  • je peŭ écrire des lettres formelles.

Bonnes Je peŭ utiliser la

langue dans des situations ordinaires, bien je fasse
certaines erreurs et hésite parfois, par exemple :

  • je peŭ tenir une conversation avec un interlocuteur natif du pays

parlant
lentement ;

  • je peŭ comprendre l’essentiel d’un jeu / film / journal dans la

langue ;

  • je peŭ faire une simple demande de renseignements au téléphone ;
  • je peŭ échanger des lettres informelles / des e-mails avec des amis,

Annexe A2 : Régimes linguistiques pour l’Union Européenne87


Même si l’on peut imaginer une

myriade de régimes linguistiques (surtout en
proposant des régimes différenciés pour différentes institutions de l’Union), il est utile
de se pencher sur quelques cas bien tranchés, qui s’appliquent à un ensemble à N
langues, que celles-ci soient au nombre de 11 (comme avant l’élargissement de
l’Union le 1er mai 2004) ou de 20 (depuis l’élargissement de l’Union, mais avant
l’octroi d’un statut de pleine officialité à l’Irlandais en 2005). À l’instar des dispositions
issues du traité de Rome de 1958, nous ne ferons pas la différence entre « langue
officielle » et « langue de travail », et nous emploierons en général la première de
ces deux expressions. Nous examinerons ici sept modèles (ou « régimes
linguistiques »). En adoptant la terminologie proposée par Pool, nous appellerons les
six premiers respectivement « monarchique », « synarchique », « oligarchique »,
« panarchique », « hégémonique » et « technocratique »88. Le septième, analysé par
Gazzola, s’appelera « triple relais »89. Ces régimes se différencient selon plusieurs
dimensions, à savoir :


• l’octroi du statut

d’officialité à un nombre plus ou moins élevé de langues parmi
les N+1 en présence : N langues d’États membres, plus une langue tierce, qu’il
s’agisse d’une langue totalement externe à l’ensemble considéré (pour les
besoins de l’exposé, disons le kiswahili), une langue artificielle (dont la plus
répandue est de loin l’espéranto), ou encore une langue morte (par exemple le
latin) ;


• un nombre de directions de

traduction et d’interprétation plus ou moins élevé au
sein de l’institution : si une seule langue est officialisée, ce nombre est égal à
zéro ; à l’inverse, si toutes les N langues des États membres sont officialisées, le
nombre de directions de traduction et d’interprétation à assurer s’élève à N(N-
1)=N2-N ; enfin, si l’on adopte r langues relais, tout en conservant un statut
d’officialité à toutes les langues de l’Union, il faut garantir r(2N-r-1) directions de
traduction et d’interprétation.90


• l’effort d’apprentissage de

langues étrangères requis des participants
(parlementaires, fonctionnaires, etc.), qui peut être de zéro (si toutes les langues sont officialisées) ou de un (pour certains politiciens et fonctionnaires, dans tout
régime où leur langue ne serait pas au nombre des langues officielles).


Les caractéristiques de ces sept

régimes linguistiques sont résumées dans le tableau
1.


TABLEAU A2.1 : RÉGIMES LINGUISTIQUES POUR L’UNION EUROPÉENNE (N=20)

<img style="width: 650px; height: 387px;" alt="" src="GrinAN02.jpg">


On peut aisément montrer que

selon les priorités que l’on se donne, chacun de ces
sept régimes peut s’avérer le meilleur.


Par exemple, si les citoyens

européens tiennent à l’égalité de traitement entre eŭ
(thème sur lequel nous reviendrons plus loin), et si, dans ce but, on tient avant tout à
éviter aŭ parlementaires le besoin d’apprendre une langue étrangère, on s’orientera
vers le modèle panarchique ou le modèle technocratique. Le système du « triple
relais » garantit une certaine égalité, mais privilégie les langues choisies comme
relais, dans la mesure où il favorise la poursuite d’un important travail linguistique
dans ces langues. Si l’on ajoute un critère supplémentaire, tel que la minimisation du
nombre de directions de traduction, c’est le modèle technocratique (avec, par
exemple, l’espéranto comme langue-relais) qui s’avère le meilleur.


Mais supposons à présent que les

citoyens souhaitent avant tout éliminer (peut-être
dans un souci d’économie) tout recours à l’interprétation, ils préféreront les modèles
monarchique (et faire par exemple de l’anglais la seule langue officielle de l’Union
européenne) ou synarchique (et ce serait alors, par exemple, l’espéranto qui
deviendrait la langue officielle de l’Union). Si les Européens se montrent, en outre,
soucieŭ d’égalité de traitement, le modèle monarchique doit bien sûr être écarté.


Imaginons enfin que prime le

critère de rapidité de communication (ce qui exclut le
recours à une langue relais, qui rallonge le trajet que l’information doit parcourir entre
l’émetteur et le récepteur), que l’on se refuse à opter pour des institutions unilingues,
mais qu’on tienne en même temps à limiter les coûts : c’est alors le modèle
oligarchique qui s’imposera.


Bref, dès que l’on explicite les

critères, on voit que plus aucune évidence ne s’impose
en dehors de ceŭ-ci. Cela illustre, fort utilement, qu’il n’y a rien de « naturel » dans
la dynamique des langues, mais que celle-ci n’est que la résultante de l’interaction
entre de nombreŭ facteurs dont certains sont éminemment politiques ; le choix des
langues de travail de l’Union est le produit d’un arbitrage entre priorités, et donc de
jeŭ de pouvoir avant d’être celui d’une fatalité ou d’une quelconque loi physique.


Annexe A3 : Effectifs et dotations horaires pour l'enseignement des langues étrangères dans le système éducatif français

<img style="width: 650px; height: 1442px;" alt="" src="GrinAN03.jpg">
Source : (1) DEP (Direction de l'évaluation et de la prospective) http://www.education.gouv.fr/stateval/default.htm; (2) programmes et grilles horaires des différentes filières du
système, Ministère de l'éducation nationale (http://eduscol.education.fr/). Chiffres pour l'année 2003-2004 s'agissant du secondaire (Collège, Lycée et Second cycle professionnel) et
pour






86 L’auteur remercie Philippe

van Parijs, par l’intermédiaire duquel la base de données a été obtenue.


87 Extrait de Grin (2004b).

88 Voir Pool, J., 1996, «

Optimal Language Regimes for the European Union », International Journal of
the Sociology of Language, 121, 159-179, ou Grin, F., 1997, « Gérer le plurilinguisme européen :
approche économique au problème de choix », Sociolinguistica, 11, 1-15.


89 Voir Gazzola, M., 2003, La

relazione fra costi economici e costi politici del multilinguismo
nell’Unione europea. Tesi di Laurea. Milan : Università Commerciale Luigi Bocconi.


90 Voir Gazzola, op. cit., p. 49.